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L’Iran et les États-Unis reprendront jeudi à Genève un nouveau cycle de négociations indirectes afin de tenter de contenir la crise liée au programme nucléaire iranien et d’éviter de nouvelles frappes militaires américaines, dans le cadre d’un déploiement massif de l’armée américaine au Moyen-Orient, sans précédent depuis l’invasion de l’Irak en 2003.
Ce tour de table intervient quelques jours après des discussions antérieures dans la ville suisse, sous la médiation du ministre omanais des Affaires étrangères Badr al-Busaidi, entre l’envoyé spécial américain Steve Witkoff et Jared Kushner (le gendre du président Donald Trump) d’une part, et le ministre iranien des Affaires étrangères Abbas Araqchi d’autre part.
Dans son discours devant le Congrès mardi, M. Trump a résumé sa position en déclarant qu’il était favorable à une solution diplomatique, mais qu’il ne permettrait pas à l’Iran de se doter d’une arme nucléaire. Dans une interview accordée à Fox News, son adjoint J.D. Vance a souligné que « l’Iran ne peut pas avoir d’arme nucléaire », indiquant que l’action militaire resterait une option si nécessaire.
Pour sa part, M. Araqchi a souligné que son pays recherchait un « accord équitable et rapide », mais a réaffirmé que Téhéran ne renoncerait pas à son droit à la technologie nucléaire pacifique, ajoutant via la plateforme X. « Un accord est à portée de main » : « Un accord est à portée de main. Mais seulement si la diplomatie est prioritaire ».
La médiation active d’Oman et le rôle de l’AIEA
M. Al-Busaidi rencontrera aujourd’hui l’équipe de négociation américaine pour lui faire part des propositions iraniennes et écouter la réponse des États-Unis. Le directeur général de l’AIEA, Rafael Grossi, devrait participer aux sessions pour discuter des rapports techniques avec les parties, comme il l’avait fait lors du cycle précédent.
L’escalade militaire éclipse les négociations
Les pourparlers coïncident avec le plus grand déploiement militaire américain au Moyen-Orient depuis des décennies, ce qui fait craindre une confrontation plus large. Des sources informées ont révélé que l’Arabie saoudite a commencé à augmenter sa production et ses exportations de pétrole dans le cadre d’un plan d’urgence en prévision d’une éventuelle interruption de l’approvisionnement en pétrole en cas d’escalade des tensions.
Des différences fondamentales subsistent
Malgré l’optimisme officiel, un haut fonctionnaire américain a confirmé que les deux parties restaient profondément divisées sur la portée et l’échelonnement de l’allègement des sanctions, ainsi que sur le refus de l’Iran de discuter de son programme de missiles balistiques, que le secrétaire d’État américain Marco Rubio a qualifié de « gros problème » parce que ces missiles sont « conçus uniquement pour frapper l’Amérique ».
En Iran, le guide suprême, l’ayatollah Ali Khamenei, est confronté à la crise la plus difficile de son règne de 36 ans, avec une économie qui se débat sous le poids des sanctions et de nouvelles manifestations internes après une répression massive qui a fait des dizaines de morts en janvier.