Des milliers d’habitants ont fui la ville de Ksar el-Kebir pour échapper aux inondations qui frappent la région depuis plusieurs jours. De nombreuses familles se sont déplacées vers Tanger et les villes voisines à la recherche d’un abri sûr. Mais ce déplacement s’accompagne d’une nouvelle souffrance : Une hausse injustifiée des prix des loyers et des produits de première nécessité, alors qu’un certain nombre de commerçants et de propriétaires sont accusés de profiter des circonstances exceptionnelles pour faire des profits rapides.
Depuis la fin du mois de janvier, Ksar El Kebir est confronté à des inondations sans précédent causées par de fortes pluies et la crue de la vallée de Locos, inondant des quartiers entiers. Les autorités ont déclaré l’état d’urgence et des évacuations à grande échelle ont été effectuées vers des abris temporaires. Cependant, lorsque le niveau du barrage de l’oued Makhazine a atteint 100 %, les pluies continues et les turbulences de la mer empêchant l’évacuation des eaux, ces centres ont également été évacués le mardi 3 février 2026, obligeant des centaines de familles à se déplacer vers Tanger, Larache et Asilah.
Quand une catastrophe se transforme en opportunité de profit
Avec l’augmentation du nombre de personnes déplacées à Tanger et dans ses environs, le phénomène des « marchands de crise » est apparu, qui profitent de l’état de vulnérabilité et d’urgence pour pratiquer des prix exorbitants. Les médias sociaux sont devenus une plateforme d’expression de l’indignation sous le hashtag #CrisisTraders, où les témoignages et les vidéos dénonçant les pratiques d’exploitation abondent.
Les plaintes portent sur les points suivants
- Louer un appartement standard à 4000 Dh par nuit pour une famille qui a tout perdu.
- Une nuitée est facturée entre 500 et 700 dirhams pour une famille déplacée.
- Augmentation des prix des produits de base tels que le pain, le lait et les légumes, le prix d’un bouquet de menthes atteignant dans certaines régions plusieurs fois son prix habituel, même en haute saison.
En réponse à ces témoignages, le président de la Ligue marocaine des droits des consommateurs, Bouazza Khouriti, a qualifié ces pratiques de « comportements inciviques qui exploitent la douleur des citoyens pour s’enrichir rapidement ». Il a rappelé que l’article 4 de la loi 104.12 sur la liberté des prix autorise le gouvernement, en cas d’urgence ou de circonstances exceptionnelles, à demander l’avis du Conseil supérieur de la concurrence pour stabiliser les prix de certains articles pendant six mois (renouvelable une fois), et a appelé à l’activation immédiate de cette mesure.
Le débat sur la protection des consommateurs se poursuit
Le 5 janvier 2026, cette question a été soulevée lors de la séance des questions orales à la Chambre des représentants, où le ministre de l’industrie et du commerce Riad Mazour a souligné que « la protection du consommateur est une priorité absolue », insistant sur l’importance de la préservation du pouvoir d’achat et de la protection sociale. Il a expliqué que le système économique national est basé sur la liberté des prix, mais a noté la possibilité de recourir à la fixation forcée des prix dans des circonstances exceptionnelles, comme cela est pratiqué dans plusieurs pays, notant que cette mesure peut avoir des effets négatifs.