Le bilan des manifestations populaires qui ont éclaté en Iran les 8 et 9 janvier pourrait s’élever à plus de 30 000 morts, selon les déclarations de hauts fonctionnaires du ministère iranien de la santé. Le magazine Time a confirmé que les morgues du pays n’étaient pas en mesure d’accueillir le nombre considérable de corps, ce qui a incité les services d’urgence à utiliser des camions plutôt que des ambulances pour transporter les victimes.
Ces chiffres ont été corroborés par les témoignages de médecins et de personnel d’urgence qui ont dénombré 30 304 décès résultant des affrontements entre les manifestants et les forces de sécurité. Selon le Dr Amir Parasti, qui a rédigé un rapport confidentiel, ces statistiques n’incluent pas les corps transportés dans les morgues militaires, ni ceux qui n’ont pas été enregistrés dans les zones reculées ou qui ne figurent pas dans les statistiques officielles.
« Nous nous rapprochons de la vérité, mais les chiffres réels sont probablement beaucoup plus élevés », a déclaré le médecin.
L’agence de presse américaine Human Rights Activists News Agency (HRANA) a confirmé, à la date du 24 janvier, que les manifestations avaient fait 5 459 morts et que 1 031 autres rapports avaient été vérifiés.
En revanche, les autorités officielles iraniennes ont annoncé le 23 janvier un bilan de 3 117 morts, dont 2 427 civils et membres des forces de sécurité, auxquels s’ajoutent 690 « terroristes », selon le ministre des Affaires étrangères Abbas Araqchi.
Le nombre exact de victimes est actuellement difficile à déterminer, car les communications Internet et mobiles ont été coupées dans tout le pays pendant les manifestations, ce qui a entravé la circulation de l’information.
Le président américain Donald Trump a menacé de frapper l’Iran si les autorités répriment violemment les manifestations, mais Israël et les pays arabes se sont opposés à cette attaque, estimant que le moment n’était pas opportun. Ces pays ont rejeté toute action immédiate, selon le Wall Street Journal. M. Trump a confirmé qu’il s’était convaincu de ne pas attaquer l’Iran après l’annulation d’une série d’exécutions dans le pays, mais il a affirmé qu’une attaque était toujours possible.
Le régime iranien se prépare à une éventuelle frappe américaine, le porte-avions américain Abraham Lincoln et plusieurs destroyers équipés de missiles guidés devant arriver au Moyen-Orient dans les prochains jours. Des systèmes de défense aérienne supplémentaires sont également en cours de déploiement près des bases américaines et israéliennes dans la région, selon Reuters.
Téhéran a prévenu que toute attaque serait considérée comme une « guerre totale contre nous », a déclaré un haut fonctionnaire iranien cité par l’agence de presse sous couvert d’anonymat.
Selon l’opposition iranienne, le guide suprême Ali Khamenei s’est caché dans un bunker sûr, dans l’attente d’une éventuelle attaque américaine.
Les manifestations ont été déclenchées par le mécontentement populaire face à la détérioration de la situation économique, en particulier l’effondrement de la valeur de la monnaie nationale et la forte hausse des prix. Téhéran a accusé les États-Unis et Israël d’avoir orchestré les troubles pour déstabiliser le pays.